Systèmes & ModèlesSystèmes Théorie des systèmesLa Théorie des systèmes apparaît comme une mthode d'approche des problèmes rpondant au souci
de sortir du cadre de de la pense cartsienne, notamment pour
apprhendre une grande complexité.
Si un objet compliqué est caractérisé par un grand nombre d'éléments, un objet complexe se caractérise par un nombre important de relations entre éléments constituants.
L'analyse cartésienne s'applique bien au domaine du compliqué, mais mal au domaine du complexe.
Tableau de J.L. Lemoigne, Théorie du Système Général | Analyse cartésienne | Approche systémique | | 1 - Evidence | 1- Pertinence | | 2 - Hiérarchie | 2 - Synergie | | 3 - Causalité | 3 - Finalité | | 4 - Exhaustivité | 4 - Echantillonage |
Qu'est-ce qu'un système ?Selon Joël de Rosnay, c'esr un ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisé en fonction d'un but. Pour cela : - un système est organisé,
- un système est finalisé,
- un système est constitué d'éléments et de leurs relations,
- un système est un tout dépassant la somme de ses parties.
Exemples - un réseau d'ordinateurs,
ensemble d'ordinateurs relis entre eux et fonctionnant dans le
but de mmoriser et restituer des informations (système physique) ;
- le corps humain, vu comme ensemble d'organes en interaction ;
- un service comptable, ensemble de personnes, d'quipements et de documents assurant l'enregistrement des flus financiers d'une entreprise ;
- une classe, un club de football, une association...
- un Etat.
Systèmes ouverts, Univers, Environnement, Frontière Une entreprise, les exemples précédents sont des systèmes ouverts, car ils sont en interaction avec le monde qui les entoure.
Un univers est un système clos, sans interaction extérieure.
Un système ouvert S possède un environnement Env(S) = S* - S, où S* est le plus petit système ou univers contenant S.
Ce qui sépare un système de son environnement est sa frontière. La frontière délimite ce qui fait partie du système et ce qui n'en fait pas partie.
ModèlesUn modèle est la représentation simplifiée d'un système, perçu d'un certain point de vue, et exprimé dans un certain formalisme.
L'approche
systémique élabore des modèles capables de décrire ou de simuler
globalement ou partiellement le comportement de systèmes tudis,
par analogie avec des cas connus issus des sciences formelles ou de
l'expérience.
Un modèle est acceptable dans un certain domaine
si dans ce domaine un parallèle précis demeure entre
- questions et
réponses concernant le système réel d'une part,
- questions et
réponses relatives à son modèle.
Alors, un modèle peut être utilisé
- pour améliorer et transmettre la connaissance du systàme (modèle explicatif, où la simplicité peut primer l'exactitude)
- pour agir sur le systme (modèle prèdictif, où l'exactitude prime sur la simplicité).
Qualités d'un ModèleTout modèle peut être caractérisé globalement par
- un domaine de validité
- une précision
- une complexité
Un modèle M2 est meilleur qu'un modèle M1
- si le domaine de M2 comprend celui de M1,
- si M2 est au moins aussi prcis que M1,
- si M2 n'est pas plus complexe que M1.
Les modèles possibles forment ainsi un préordre de pertinence. Si
M2 est de même complexité que M1, avec de meilleurs résultats en terme
de domaine et de prcision, alors M2 est plus pertinent que M1.
Si
M2 est un raffinement de M1, l'amélioration en termes de domaine ou de
prcision se fait en général au détriment de la complexité. Une telle
piste n'est fertile que si une complexité à peine accrue entraîne de
fortes améliorations du domaine ou de la précision.
Quand de
faibles améliorations du domaine ou de la précision entraînent une
forte augmentation de la complexité, il faut trouver une autre analogie
en termes de modèle (ainsi le modèle de Newton a-t-il remplacé en
astronomie le modèle de Ptolémée).
Variables exogènes On peut caractériser globalement un modèle par des indicateurs ou variables dites exogènes, rendant compte des interactions du système S et de son environnement Env(S). On appelle
- variables d'entrée, celles qui rendent compte de l'action de l'environnement Env(S) sur le système S
- variables de sortie, celles qui rendent compte de l'action du systéme S sur son environnement Env(S).
 Univers | Environnement | >>>> Entrées Système
<<<< Sorties |
|
Comportement d'un SystèmeLe comportement d'un système est le rapport existant entre l'évolution de ses entrées et l'évolution de ses sorties.
Variables internes Ce
sont des variables propres au système. Elles évoluent sous l'influence
des entrées et/ou d'autres variables internes, et influencent
d'autres variables internes et/ou des variables de sortie. Elles sont
introduites pour une description réaliste et/ou comme
intermédiaires dans l'explication du comportement.
Types de VariablesLes
variables sont des indicateurs qualitatifs (informations) ou
quantitatifs (concernant des grandeurs physiques, des flux...).
Les traitements qu'on pourra leur appliquer pour simuler, prévoir....
dépendront notamment de leur nature. Selon les indications à donner,
ces variables peuvent être :
- nominales,
comme [bleu, blanc, rouge] ou [normal, aigu, discret]; de telles
valeurs ne sont comparables que comme égales ou différentes ;
- ordinales, valeurs comparables en termes de plus petit / égal / plus grand, comme une valeur sur une échelle, un QI, une note ou un rang dans un classement ;
- cardinales ou quantitatives, avec :
- les mesures, pour
lesquelles la différence a un sens mais dont le zéro est
arbitraire (temps ou date ; températures
Celsius/Réaumur/Fahrenheit...) ;
- les métriques, pour lesquelles le quotient a un sens, et dont le zéro est à valeur absolue (durées, températures Kelvin).
Types de SystèmesSystème passifUn
système est passif si ses sorties sont fonction des seules entrées, au
sens mathématique, les mêmes entrées donnant toujours les mêmes sorties
; ce sont en général des systèmes élémentaires, qui ne nécessitent pas
de variables internes.
Système dynamiqueUn système est dynamique si ses
sorties évoluent en fonction
- des entrées
actuelles et passées : les sorties peuvent alors être
sensibles aux entrées, mais aussi à leur cumul , leur vitesse de
variation...
- et/ou de ses objectifs.
Système réactif / proactifUn système est dit réactif si
son comportement voit ses sorties évoluer essentiellement sous
l'influence des entrées, un jeu d'entrées neutres entraînant finalement
une stabilisation des sorties ; ce système réagit à son environnement.
Exemple : un dormeur. Un système est dit proactif si
son comportement voit ses sorties évoluer essentiellement en fonction d'un objectif propre.
Exemple : un marcheur (théorique). La plupart des systèmes réels proactifs sont mixtes, la poursuite de leur fin nécessitant de tenir compte du contexte.
Exemple : un marcheur réel, qui doit atteindre sa destination en tenant compte des obstacles etc... Système à rétroactionOn parle de rétroaction (feedback) quand les sorties jouent en partie le rôle d'entrées supplémen- taires. Une rétroaction positive joue alors un rôle amplificateur (pouvant aller jusqu'à la rupture) ; une rétroaction négative, en s'opposant aux fluctuations des entrées, joue un rôle stabilisateur.
Dans les régulateurs, les servo-mécanismes, on appelle commandes ou consignes les variables d'entrée qui fixent les valeurs de sortie en régime permanent, et perturbations les
autres variables d'entrée, qui peuvent altérer plus ou moins les
sorties. La qualité de la régulation ou de l'asservissement est définie
par les écarts entre sorties désirées et sorties obtenues.
Système sensori-moteur. Un
geste est esquissé par une commande ou réflexe mettant en oeuvre une
énergie musculaire.. Sa bonne fin est en général ajusté en fonction des
sens (vue, toucher...). Si un système à rétroaction
sait faire face à des perturbations, son comportement reste cependant
stable ou invariant, en un sens plus abstrait et plus global que
pour les systèmes passifs.
Système à apprentissageCe
sont des systèmes dynamiques qui évoluent de façon à améliorer
statistiquement leur comportement, au moyen d'un indicateur de
performances pouvant entraîner des modifications internes.Système auto-adaptatifSystème
possédant une structure paramétrée, et dont il révise les paramètres si
son fonctionnement ne lui permet pas d'atteindre ses objectifs. Exemple.
Organisme autonome, pouvant ajuster son fonctionnement sans changer sa
structure (relevant d'une tutelle externe). Système auto-organisationnelSystème pouvant modifier sa structure pour atteindre ses objectifs, si asservissements et adaptations se révèlent insuffisants.
Exemple.
Organisme indépendant, pouvant modifier sa structure interne, sa forme
juridique etc.... en fonction des besoins ressentis. Modèles Opaques / TransparentsBoîte NoireUn modèle opaque (ou boîte noire) définit un système par - ses variables d'entrée et de sortie
- un système suffisant, minimal ou quasi-minimal, de variables & relations internes pour expliquer son comportement.
Il
s'ahit d'une approche comportementaliste : le jeu de variables internes
n'est pas défini en termes de réalisme, mais de commodité et de
simplicité ; alors "tout se passe comme si".
C'est le genre de modèle assigné aux systèmes considérés comme élémentaires. C'est
aussi ce qu'on peut obtenir au moyen de tests extérieurs, par exemple
par une analyse de données dégageant des facteurs explicatifs du
comportement.
De ce point de vue, deux systèmes peuvent être considérés comme équivalents / interchangeables s'ils admettent un même modèle.
Boîte BlancheUn modèle transparent (ou boîte blanche)
définit un système par ses variables d'entrée et de sortie, son
organisation interne et les sous-systèmes qui le composent. L'organisation rend compte de différents flux (matière, énergie, information), des influences etc... Son
comportement s'explique par son fonctionnement, composition par
l'organisation et les flux internes des comportements des sous-systèmes. Exemple 1. Un modèle expliquera la personnalité par l'interaction de trois entités typées : l'ange, la bête, et le médiateur. Exemple
2. Un modèle expliquera le fonctionnement d'un ordinateur par
l'interférence d'une ou plusieurs unités de traitement, une ou
plusieurs unités de mémoire, une ou plusieurs unités d'échange. Remarques. - Divers fonctionnements peuvent donner un même comportement
dans un domaine donné (systèmes compatibles) ; ainsi, des processeurs
variés supportent linux, et rendent les mêmes services - avec des
performances diverses.
- Des
fonctionnements similaires peuvent donner des comportements
différents, lorsque le couplage de sous-systèmes les rend
interdépendants : le comportement découle alors d'une concordance entre
paramètres plutôt que des paramètres eux-mêmes, comme pour un couple
moteur/boîte à vitesses, ou pour un couplage électromagnétique entre
circuits.
Modélisation ascendanteLa
modélisation ascendante d'un système complexe procède des sous-systèmes
les plus simples au système le plus général (du pneu à l'automobile, par exemple). Les systèmes les plus simples étant
vus comme des boîtes noires, on peut modéliser dans le style boîte
blanche les systèmes qui les englobe immédiatement, les résumer dans un
style boîte noire et remonter ainsi au niveau le plus général par
synthèses successives. Exemple.
Ayant étudié et modélisé une suite de postes de travail et les stocks
et magasins associés, on modèlise ce processus de fabrication dans cet
atelier, puis l'atelier complet, puis de là l'usine entière, enfin
l'entreprise.. Modélisation descendanteLa
modélisation descendante d'un système complexe descend du système
global vers les sous-systèmes élémentaires. Le système global est
d'abord vu comme une boîte blanche assez simple organisant et
articulant divers sous-sytèmes : - l'entreprise est formé d'une direction centrale et diverses unités opérationnelles
- l'ordinateur est formé
- d'unités de traitement
- d'unités de mémoire
- d'unités d'échange.
Les
rapports entre systèmes et sous-systèmes s'explicitent en termes
d'informations (et notamment instructions et compte-rendus, requêtes et
réponses), de flux matière, de flux d'énergie etc... Lorsque le
modèle est devenu suffisamment précis, on applique la même méthode à
chacun des sous-systèmes. On s'arrête chaque fois qu'on considère un
sous-système comme élémentaire. Exemple.
Une entreprise est formée d'une direction générale et d'unités
opérationnelles. - Les flux d'informations relient entrées, sorties, direction générale
et unités opérationnelles; avec la direction générale comme centre.
- Les flux matière relient essentiellement entrées(matières
premières, produits semi-finis, fournitures et équipements), unités opérationnelles, et sorties.
De même, pour chaque unité
opérationnelle, on distinguera.... Modèle en couchesMachine abstraiteOn appelle ainsi une machine définie par le langage de commande auquel elle obéit (d'Agapeyeff / Dijkstra / Mac Keeman). On admet en informatique - que toute machine programmable permet de réaliser une telle machine (par interprétation et/ou par compilation),
- qu'une
machine ainsi construite introduit un nouveau niveau d'abstraction
explicitant de nouvelles compétences (au détriment des performances),
- que
ce principe peut s'étendre à un autre niveau chaque fois que les
commandes de la nouvelle machine constituent un système "complet".
Modèle en couchesOn
parle de modèle en couches quand le modèle final comporte des niveaux
d'abstraction clairement séparés, "comme dans un oignon". C'est en
particulier le cas quand le modèle comprend une suite de machines
abstraites.Exemple. Vue ascendante. La physique explique le transistor et l'électronique digitale, les
circuits intégrés, les unités de mémoire, de calcul ou de routages de
données qu'ils permettent de constituer, et par là les ordinateurs ou
tout au moins leur micromachine. Partant de là, une suite de machines
abstraites rendra compte de divers niveaux de langages et de
services, comme le langage assembleur, le langage C, un éditeur de
texte écrit dans ce langage, justifiant in fine le texte que vous lisez
présentement. Vue descendante. Le présent texte a pour support un formalisme qui a permis de le
constituer physiquement à l'aide d'un éditeur de texte bureautique. Ce
produit bureautique obéit à des commandes ; chacune est exécutée par le
déroulement de centaines de ligne dans un langage de programmation
symbolique (disons C). Chaque instruction de ce langage est en fait une
requête exécutable par une séquence d'instructions dans un langage de
programmation plus physique - disons, un langage
assembleur. Chaque instruction de ce langage assembleur est
lui-même une requête exécutable par
une séquence d'instructions dans un langage de programmation plus
physique - disons, le langage d'une micromachine. Le langage de
cette micromachine est lui -même exécutable par une machine matérielle,
combinant des unités de calcul, de mémorisation et d'échanges entre
lesquelles circulent des données. Actuellement, ces unités sont
réalisées à l'aide de circuits intégrés, basés sur l'electronique
digitale, et particulièrement l'utilisation de transistors au silicium. Ces
transistors exploitent un aspect de la physique des semi-conducteurs
qui les constituent : les "bandes de Fermi" . texte (sous formalisme support)
éditeur de textelangage C
langage assembleur --- microprogrammé
micro-langage
micro-machine --- niveau matériel
| unité de calcul | unité de mémoire | unité d'échange | circuits intégrés |
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En
général, on peut remplacer une couche basse par une couche équivalente,
sans que l'ensemble soit affecté, si ce n'est en termes de
performances. Par exemple, un ordinateur individuel peut être remplacé
par un autre physiquement compatible (ex: comptaibilité ascendante dans
une gamme PC). Ou par un autre qui, sans être physiquement compatible,
accepte par exemple le même langage C. Ou supporte un éditeur écrit
dans un autre langage (Modula? Python?) mais obéissant aux mêmes
spécifications.
Exemple 1.
Actuellement, la base de l'informatique est l'électronique digitale,
concrétisée par des circuits intégrés au silicium. Pour être
suffisante/satisfaisante, cette base n'est pas nécessaire. Elle a été
précédée par l'utlisation de circuits au silicium non intégrés (avant
1970) eux-mêmes précédés par l'usage de circuits au germanium (à partir
de 1960). Auparavant ont été utilisés des tubes radioélectriques,
eux-mêmes précédés par l'usage de relais électro-mécaniques à partir de 1930, car les
tentatives purement mécaniques, de Babbage(1840) à Zuse, avaient échoué pour
des raisons pratiques. La possibilité d'une informatique à base
fluidique (peneumatique, hydraulique...) a été validée mais reste inexploitée. Exemple 2. Il est clair que la psychologie (et notamment la
psychologie cognitive) a, en l'état, la neurobiologie comme substrat constaté.
Cela n'implique pas que ce substrat soit nécessaire, car il faudrait
prouver que toute intelligence de l'univers, passée, présente ou à
découvrir, procède
nécessairement d'un amas de neurones. Par ailleurs, on
peut obtenir des services variés sur une même base physique, en
remplaçant les couches supérieures, les plus sensibles pour
l'utilisateur. Ceci explique la grande plasticité des systèmes
informatiques, commun support d'une grande variété
d'applications.
Louis Frécon |